J’ai voyagé lors de la nuit de pleine Lune du 13 au 14 juillet.
J’ai pris 5g secs de B+, et j’ai vécu un voyage riche en visions.
J’étais terrifié en début de voyage car je venais de réaliser combien j’avais été attiré ces derniers temps par le côté obscur. Pas un jour ne passait sans que je lance un « Gloire à Satan ! ».
J’ai donc été pris d’une profonde angoisse au début de mon voyage, soudainement persuadé d’être allé trop loin, et d’être définitivement perdu spirituellement parlant.
J’ai eu des visions assez lugubres, différents lieux de rassemblements, de processions sur fond rouge et noir. Je n’ai pas perçu de malveillance particulière, mais l’atmosphère était lourde.
J’ai eu à un moment donné une forme de perte de conscience et de souffle, comme si je m’étais éteint. Puis soudain, surgit des hauteurs primordiales, un puissant esprit léonin que j’ai assimilé au Christ est venu me rendre le souffle, et dans cet évènement j’ai perçu le message : « Ceci est mon souffle, moi seul le donne et le reprend ». J’ai aussi perçu que la vie et l’amour sont dans le souffle. C’est à partir de cet évènement que ma terreur s’est dissipée.

J’ai dès lors été entouré d’êtres humanoïdes ayant l’aspect de jaguars aux couleurs semblables à celles de l’image ci-dessus. S’en est suivi ce que j’ai assimilé à une forme d’exorcisme, de nettoyage « militaire », de reconstruction de la colonne de vie autour de mon sacrum. Je me suis mis à parler leur langue non-humaine très particulière. J’avais mal dans le bas du dos depuis quelques temps. J’ai eu alors cette vision, cette sensation des jaguars nettoyant mon sacrum, et rétablissant le courant de vie en y réintroduisant le Serpent. J’ai en effet perçu une totale maîtrise du Serpent par ces êtres léonins.
J’ai fait le constat trois jours plus tard que la douleur que j’avais depuis des mois dans le bas du dos avait totalement disparu.
Un peu plus tard, j’ai une nouvelle fois été confronté à Satan. Et cette fois-ci je n’ai pas fuit, j’ai fait face. J’ai alors eu la vision de Satan crucifié. J’ai ressenti un certain malaise. Puis j’ai compris que la crucifixion du Christ impliquait aussi celle de Satan, d’où les représentations du serpent cloué sur la Croix que l’Alchimie nomme la fixation du Mercure. D’où aussi cette idée que le Christ sur la Croix est l’appât qui permet d’attraper le Léviathan.

J’ai perçu aussi cette injonction à croire tel que le demande le Christ : « Ne crains pas, crois seulement ! ». Satan est ainsi celui par qui ma foi a été éprouvée, perdue puis retrouvée.
Je m’interroge sur la présence de Christ et de Satan sur la Croix. S’agit-il du lieu de leur réunion ? Est-ce par la Croix que la Gnose s’accomplit et que le deux redevient Un ?
J’ai continué un moment encore à parler en langue léonine. Je discutais avec les jaguars. J’ai senti que je faisais partie de la famille. Ils m’ont fait part de leur sens aigu de la fidélité. Ils m’ont montré que ma compagne est des leurs et que pouvais l’épouser.
Je me suis levé peu après pour aller voir ma compagne pensant qu’elle dormait probablement. Elle n’était pas totalement endormie. Je me suis alors approché d’elle et je me suis agenouillé. J’ai commencé alors à lui parler. j’étais à la fois l’humain et le jaguar et j’alternais entre français et jaguar. Je suis alors parti en fou rire et je lui ai demandé si elle voulait m’épouser. Malgré le fou rire j’étais très ému car je ressentais l’émotion du jaguar qui s’adressait à sa potentielle future femme jaguar avec un profond respect.
Les jaguars m’ont demandé de me tenir droit, dos et épaules, et de ne pas baisser la tête mais de la tenir toujours dirigée vers le ciel. Je peux perdre, je peux mourir, mais je dois garder la tête haute.
Ce qui a été très notable au lendemain de mon voyage a été un état de joie profonde et de disparition totale de ma terreur. J’ai aussi soudainement perdu toute appétence pour Satan et le côté sombre. En ai-je pour autant terminé avec lui ? Il me semble que non.
Quelques jours avant mon voyage, j’avais lu ce passage dans le Livre Rouge de Jung :

Ce passage m’a fait l’effet d’une synchronicité. Il m’apparaissait dès lors évident que ma peur, ma terreur, devait être extirpée, offerte en sacrifice avant de pouvoir aller plus loin.
La parole qui ne doit pas rester dans l’ombre, est sans nul doute « la parole perdue » retrouvée, la langue des dieux, ce Verbe que je parle de plus en plus « couramment » au fil de mes voyages. J’ai en effet constaté une nette évolution lors de ce voyage et du précédent, avec quelques mots nouveaux, et plus de fluidité.