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J’ai expérimenté la DMT sous forme vaporisée ce mardi 3 septembre 2024.

Je connaissais déjà cette substance qui est le principe actif de l’Ayahuasca, breuvage que j’ai consommé lors de sessions avec des chamanes, notamment au Pérou en 2017.

Je n’avais jamais vapoté auparavant n’étant pas fumeur à la base.

C’est au cours d’une discussion avec un ami que j’ai découvert cette possibilité.

S’en est suivie une quête pour trouver un vaporisateur adapté à la DMT, et esthétiquement à mon goût. Et j’ai trouvé mon bonheur avec le Retrosteam Cuban qui trône désormais fièrement dans ma bibliothèque.

Quant à la DMT elle-même, j’ai pu me la procurer en ligne. Il faut compter 25 euros pour 0.25g, et on peut tabler à priori sur deux à trois voyages avec cette quantité. On se situe donc autour de 10 euros par voyage, ce qui reste très raisonnable.

La consommation est très simple. On charge le vapo avec la dose souhaitée, on approche une flamme de briquet au niveau du trou de cheminée métallique du vapo, puis on tire une longue latte que l’on conserve 10 à 15 secondes dans les poumons. On pose immédiatement le briquet et la pipe car l’effet de la substance se fait sentir dès les secondes qui suivent. Mieux vaut donc être confortablement installé en ayant pris ses précautions en termes de sécurité.

Cristal de DMT.

Mais revenons à cette soirée de mardi.

Ma compagne m’a proposé une petite séance de sexe, chose à laquelle je ne dis jamais non.

Je me retire au moment de l’orgasme pour jouir sur son ventre.

Je pousse alors les grognements habituels, tout en parlant cette langue mystérieuse, caractéristique de ces manifestations léonines.

Je constate qu’il y a du sang, celui de ma compagne. Je suis surpris car elle est ménopausée.

Qu’à cela ne tienne, je récupère avec ma langue la totalité du soufre et du mercure ainsi offerts.

Ma compagne et moi ne comprenons pas pourquoi ce sang. Puis nous repensons à son acte magique accompli la veille. Elle a en effet exposé spontanément une bouteille d’eau en verre à la nouvelle Lune puis l’a consommée durant la journée. Ma compagne est une sorcière qui s’ignore. Elle fait des choses spontanément, sans réfléchir, et pratique ainsi sans le savoir, une forme de magie naturelle, instinctive, innée.

Cet évènement à tout de suite fait écho à une discussion intervenue peu de jours auparavant avec un ami auquel je suggérais l’idée d’ajouter un soufre animal au mercure animal, un élément solaire à l’élément lunaire, soit deux à trois gouttes de mon propre sang à ma semence, avant de réingérer le tout.

Environ une heure plus tard, alors que je n’étais pas vraiment motivé, je décide de tenter l’expérience DMT.

Je prépare donc ma pipe et m’installe confortablement dans le canapé.

Je tire une première latte, longue et profonde.

Je ressens l’effet après seulement quelques secondes.

Je reconnais cette montée caractéristique que l’on peut avoir avec la psilocybine ou le LSD en ingestion, mais pas besoin ici d’attendre une demi-heure, voire une heure. Ici donc, quelques secondes suffisent pour être propulsé dans le voyage intérieur.

Après environ 5 minutes, ne constatant pas d’effet important, je décide de tirer une 2e latte. Et là par contre ça part très fort. Je suis soudainement pris de panique comme ça m’est arrivé à de multiples reprises par le passé lors de la prise de champignons. Je me dis que j’ai fait le con, que je vais mourir. Puis dans un effort ultime, je me raisonne. Je me dis que de toute façon c’est trop tard, la latte a été tirée et je dois assumer. Je me concentre alors sur ma respiration afin d’enrailler la panique… et ça marche.

Le voyage va durer une quinzaine de minutes. C’est là un point très important car contrairement à la prise de champignons, de LSD, de cactus, ou d’Ayahuasca, dont la durée d’effet peut varier de 6 à 12 heurs, ici on est plutôt autour de 15 à 20 minutes. Cela permet de se lancer dans une session sans planification préalable. Il suffit en gros d’avoir une heure devant soi pour décider subitement de faire un voyage.

Au cours de ce bref voyage, plusieurs choses me viennent à l’esprit.

La première est que je prends soudainement conscience de la culpabilité que je ressens vis à vis d’un homme à qui j’ai contribué à faire du mal il y a une vingtaine d’années, sans le vouloir. Nous vivons à présent dans des régions de France éloignées l’une de l’autre et il y a peu de chance que je puisse un jour lui demander pardon face à face. Après réflexion et discussion avec un ami, je pense lui écrire une lettre. Lui téléphoner me semble inapproprié car je crains d’arriver un peu comme un cheveu sur la soupe. Je réfléchis sur le fait de lui envoyer réellement la lettre une fois écrite, ou la brûler dans une forme d’acte magique comme cela se fait dans certains milieux.

L’autre point important est que j’ai clairement perçu ne pas avoir atteint ce que les psychonautes appellent le « breakthrough » ou percée. Probablement parce que j’ai trop attendu entre les deux lattes, ou peut-être aussi qu’une 3e latte était nécessaire. Cela m’a ramené à l’esprit cette conviction que j’ai de ne jamais avoir dépassé un certain seuil au cours de mes voyages. Plus précisément, je n’ai jamais vécu de processus de mort / renaissance. Et j’ai au fond de moi cette conviction qu’il me faudra en passer par là tôt ou tard et « traverser » ma terreur de la mort, si je veux pour ainsi dire « changer d’octave » et accomplir ma destinée spirituelle. J’ai en effet le sentiment que tout mon parcours spirituel jusqu’ici est une préparation qui doit me mener à un moment donné, dans cette vie, vers un accomplissement spirituel, notamment tourné vers le soin.

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